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Objets dans la migration, objets en exil : statuts, usages, devenirs

Publié le 5 avril 2017 Mis à jour le 6 avril 2017
© Chiharu Shiota, Memory
© Chiharu Shiota, Memory

La journée d'études "Objets dans la migration, objets en exil" est organisée par le groupe de recherche CREE (Centre Espaces & Écritures) au sein de l'équipe d'accueil CREA (Centre de Recherches Anglophones - EA 370) de l'Université Paris Nanterre, en collaboration avec le CESSMA (Centre d'études en sciences sociales sur les mondes africains, américains et asiatiques - UMR 254) de l'Université Paris Diderot, et l'INALCO (programme Non-lieux de l'exil)

Date(s)

le 5 mai 2017

de 9h15 à 18h
Lieu(x)
Maison Max Weber
Salle des conférences - Bât W "Max Weber"
 

Descriptif:


A propos des objets, Jean Baudrillard écrit qu’ils constituent des « ‘mots de passe’ par excellence» (2004). A la fois communs, participant de la société de consommation, et uniques en ce qu’ils incarnent une expérience du sujet, des tactiques spécifiques d’usage dans les espaces du passage et de l’encampement, les objets sont des acteurs des liens sociaux, articulant récits et discours, participant des habitus et des recompositions en situation de migration, d’exil et de transmission. Paradoxalement, alors qu’ils assignent une identité à l'exilé/au migrant dans les médias et l'espace public et constituent, in fine, la seule trace matérielle d’un déplacement spatial et culturel subsistant bien au-delà de l’expérience du sujet dans des sphères diversifiées (du foyer au musée), les objets dans la migration et l’exil restent encore trop peu abordés.
Or, si la culture matérielle de la migration contribue à la construction de la figure de l’exilé et du migrant, le déplacement migratoire affecte aussi bien les usages sociaux de la culture matérielle que les modalités d'emboîtement des affects autour de l’objet usuel ou trouvé, transitionnel ou hérité. Objets-sujets dans le sens où ils se tiennent parfois à la place des individus, et peuvent se substituer à eux pour témoigner d’une situation, ils sont des objets de l’histoire qui peuvent devenir également des objets-mémoires, souvent des reliques soumises à des temporalités et des statuts particuliers, parfois des ancrages qui permettent autant de réagencements créatifs et de réinscriptions dans l’ailleurs.
Dans la poursuite d’une première rencontre qui s’est tenue le 21 novembre 2016 à l’Inalco sur la construction de la figure de l’exilé à travers les objets dans l’espace narratif, cette journée d’étude voudrait élargir le champ d’analyse en croisant statuts et devenirs des objets de la migration et de l’exil dans une perspective interdisciplinaire.
Il sera demandé à chaque intervenant(e) d’articuler sa réflexion théorique autour d’un objet majeur, présent ou manquant, que celui-ci appartienne aux registres juridiques (papiers d’identité, carte de séjour, acte de naissance, récépissé de l’OFPRA, photos d’identité…), ou à celui du nécessaire ou du vital (couverture, tente, gilet de sauvetage, sacs...), ou encore de l’intime (objets donnés au moment du départ ou objet acquis ou reçus lors de la migration ), du symbolique ou du patrimonial (objets transmis, hérités, muséographiés…). C’est à partir de la confrontation de ces expériences intérieures ou extérieures à travers les objets de l’exil/de la migration que nous tenterons de penser les manières dont les sujets en déplacement se constituent à partir et avec l’objet dans nos différents champs de recherche.
 

Programme:


9h Café d'accueil
9h15 : Caroline Rolland Diamond (Directrice du Directrice du Centre de Recherches Anglophones (CREA, EA 370) – Ouverture de la journée d’étude
9h30 : Corinne Alexandre-Garner (CEE/CREA) & Alexandra Galitzine-Loumpet (CESSMA, Non-lieux de l’exil & Migrobjets/ Inalco) – Introduction générale
9h45 : Michel Agier : Réflexions

Panel I Président de séance : Geetha Ganapathy-Doré

10H15 : Karen Akoka (ISP / U. de Nanterre) – Deux certificats de réfugiés : carrière de « papiers »
10h45 : Anouche Kunth (Migrinter / CNRS) – Archive administrative et vies infimes : des intensités de papier
11h15- Débat

11h30-11h45 Pause-café

Panel II Président de séance : Albin Wagener (U. de Nantes)

11h45 : Claire Rodier (Gisti) – Les bracelets des exilés
12h15 : Eugenia Vilela (U.de Porto) – Le gilet de sauvetage. Un objet paradoxal de l’exil
12h45 : Débat

13h-14h : Buffet

Panel III - Corinne Alexandre-Garner (CEE/CREA, U. Nanterre)

14h : Olivier Douville (U. de Nanterre) – De l'objet rituel à l'objet exilique trouvé-créé
14h30 : Marie-Caroline Saglio Yatzimirsky (CESSMA, Inalco) – Papiers perdus, sacs troués : objets-symptômes des demandeurs d’asile
15h : Elise Biliard et Virginia Monteforte (Projet RIMA, Malte) – Disques de musique classique et haut-parleurs : Le refus du statut de migrant par un Libanais installé à Malte.
15h30 : Débat

15h45 : Pause thé
Panel IV - Isabelle Keller-Privat (U. de Toulouse)

16h15 : Esther Heboyan (U. d’Artois) – Le kandjar et le fez dans America America (1963) d’Elia Kazan
16h45 : Kadhim Jihad Hassan (Inalco) – De la rivière Buwayb au caroubier de Birwa : Exil e(s)t poésie
17h15 : Débat
17h45 : Cornelius Crowley (U. Nanterre) – Synthèse et conclusions


Coordination scientifique :

  • Corinne Alexandre-Garner (CREE, CREA Université Paris Nanterre),
  • Alexandra Galitzine-Loumpet (Cessma, Migrobjets/ Inalco, Non-lieux de l’exil)
Retrouvez le programme détaillé complet en pièce jointe
Partenaires :

Mis à jour le 06 avril 2017