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Séminaire collectif du CREA - Myriam-Isabelle Ducrocq

Publié le 16 octobre 2017 Mis à jour le 16 octobre 2017

Myriam-Isabelle Ducrocq exposera ses travaux dans une présentation intitulée "La réception des républicains anglais dans la France des Lumières et de la Révolution: le cas de James Harrington (1611-1677)", à l'occasion de la première séance du séminaire collectif du CREA pour l'année 2017/18.

Date(s)

le 24 octobre 2017

17h 
Lieu(x)
Bâtiment V
R14
Myriam-Isabelle Ducrocq exposera ses travaux dans une présentation intitulée "La réception des républicains anglais dans la France des Lumières et de la Révolution: le cas de James Harrington (1611-1677)".


Présentation
Des travaux récents ont souligné la centralité de la traduction dans « l’espace critique des Lumières » (R. Monnier 2011). En France, l’ouverture à la culture européenne, aux lumières anglo-écossaises, à l’Illuminismo italien ou espagnol, ou bien encore à l’Auflklärung, se signale par une multiplication des traductions d’auteurs étrangers dans tous les champs de la connaissance. Cet essor s’accompagne du déclin du latin, dans lequel on avait traditionnellement écrits ou traduits les textes pour les rendre accessibles à un public lettré, et tandis qu’on traduisait surtout des auteurs du passé, on traduit désormais beaucoup plus d’auteurs contemporains, ou modernes. Dans la masse des traductions en langue française, l’on trouve une majorité d’auteurs anglais, et parmi ceux-ci des penseurs, qui furent parfois des acteurs de la Première Révolution anglaise (1642-1660) : les Discours sur le gouvernement (1690) d’Algernon Sidney, paraissent en français dès 1702 aux Pays Bas et l’on réédite ce texte au cours du siècle, tout en traduisant les œuvres de Marchamont Nedham, John Toland ainsi que Thomas Gordon et John Trenchard. Dès le début de la Révolution française, le Comte de Mirabeau œuvra beaucoup pour diffuser les idées républicaines anglaises en France, en faisant traduire ou en traduisant lui-même Sur la Liberté de la presse de John Milton (traduit de l’Areopagitica, 1789), sa première Défense du peuple anglais traduit sous le titre de Théorie de la royauté après la doctrine de Milton (J. B. Salaville pour Mirabeau, 1789 et 1791) ou bien encore l’Histoire d’Angleterre de Catharine Macaulay (Mirabeau et Guiraudet, 1791). Dans cette profusion de traductions de l’anglais, James Harrington, lui, ne fut traduit qu’en l’an III de la République. Pourtant, les sources nous révèlent que l’intérêt du public français pour cet auteur ne s’est pas démenti au cours du siècle : on connaissait ses principales thèses sans l’avoir nécessairement lu, jusqu’à ce que, à la faveur des circonstances, des traducteurs et des éditeurs se lancent dans l’entreprise de traduire et de publier ses textes.

Mis à jour le 16 octobre 2017