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La politique étrangère des Etats-Unis : entre exceptionnalisme et nationalisme

Publié le 28 septembre 2017 Mis à jour le 18 octobre 2017

Cet événement réunira des spécialistes de la politique étrangère des Etats-Unis pour une journée de discussions et d'échanges sur l'exceptionnalisme et le nationalisme américains. Journée d'études organisée par Maud Quessard (IRSEM), Maya Kandel (Paris 3) et Frédéric Heurtebize (Politiques américaines, CREA, Université Paris Nanterre).

Date(s)

le 19 octobre 2017

9h30-17h
Lieu(x)
Bâtiment W (Max Weber)
Salle de séminaire 2
PRESENTATION DE LA JOURNEE

Après l’onde de choc suscitée par l’élection de Donald Trump, 45e président des États-Unis, les partenaires et les concurrents de la première puissance économique et militaire mondiale du long XXe siècle s’interrogent sur le maintien de son leadership et ses conséquences sur le jeu des relations internationales.

Dans ce contexte, cette rencontre scientifique, qui tentera de mettre en perspective les notions d’exceptionnalisme et de nationalisme en politique étrangère, permettra de s’interroger sur les éléments suivants : l’hyper-puissance, la fin du siècle américain, les évolutions cycliques de la politique étrangère américaine – et notamment l’alternance entre tendances isolationnistes et interventionnistes ou entre phases offensives (maximalist) et phases de retrait (retrenchment) et période maximalistes (Sestanovich).

La question centrale aujourd’hui est de savoir dans quelle mesure la présidence Trump constituera une rupture : la rhétorique nationaliste du président américain, son rejet de l’exceptionnalisme américain annoncent-ils un bouleversement profond du rapport au monde des États-Unis ? Le pays deviendra-t-il une puissance comme une autre, remettant en question son rôle de garant de l’ordre international libéral construit après 1945 ? Ou, au contraire, les propos et la politique militaristes de Trump sont-ils le prélude à un réinvestissement américain dans le monde, et notamment dans les conflits mondiaux, en particulier liés au terrorisme, au Moyen-Orient et en Afrique ? Car selon certaines analyses, l’administration Trump entend non pas retirer les États-Unis de leur système d’alliance, mais contraindre les alliés à contribuer davantage, voire à payer les États-Unis pour leur protection.

Ces deux interprétations possibles proposent aussi deux lectures distinctes de la présidence Obama : dans le premier cas, Obama aurait le premier entamé la rupture d’un désengagement américain du monde. Dans le second cas, sa présidence n’aura été qu’une phase temporaire de retenue stratégique, une pause logique dans le cadre des alternances cycliques de la politique étrangère américaine depuis 1945.

Dans un contexte de résurgence des nationalismes (américain, européen, ou russe) et de réaffirmation de la puissance étatique à rebours du mouvement de la globalisation libérale et du constat, formulé en 2004, de « l’impuissance de la puissance », peut-on parler d’un soft power américain en déclin ? Quels sont les soft tools qui sont réellement menacés ou à l’inverse quels sont les facteurs permanents (économiques ou culturels) susceptibles de contribuer au maintien du leadership ? Comment la perception de la puissance américaine par ses partenaires commerciaux, ses alliés ou ses concurrents influe-t-elle sur le maintien du leadership ?

Plus précisément, comment varient les choix stratégiques américains ? Les changements politiques, d’une administration à l’autre, constituent-ils les véritables ruptures, ou faut-il regarder plutôt du côté des contraintes intérieures et/ou internationales ? On pourra ainsi s’interroger sur le rôle du cadre institutionnel, notamment celui du Congrès, et à travers lui de la contrainte de l’opinion publique américaine. Par ailleurs, on s’interrogera aussi sur la manière dont les bouleversements (certains diraient l’effritement ou l’effondrement de l’ordre international, Pierre Hassner parle de « chaos stratégique ») affectent l’administration présidentielle et donc sa stratégie internationale. La « mise à distance » du Moyen-Orient par l’administration précédente a-t-elle joué contre les États-Unis en permettant le retour de la Russie et de l’Iran ?

Cette rencontre organisée en deux temps principaux aura pour but de proposer un cadrage historique des concepts d’exceptionnalisme américains en politique étrangère, avant de proposer des analyses et éclairages historiques ou contemporains sur l’évolution des relations diplomatiques entre Washington, Moscou et Téhéran, à l’heure du retour des jeux de puissance (Mandelbaum, Mearsheimer).


PROGRAMME


9h30 : accueil des participants

L’EXCEPTIONNALISME AMERICAIN : PERSPECTIVES HISTORIQUES

Présidence de séance : Pierre Melandri (Sciences Po)

10h00 : Élodie Peyrol (Poitiers) : La première assemblée de Virginie : naissance d’un exceptionnalisme nord-américain
10h20 : Carine Lounissi (Rouen) : La construction de l’image des États-Unis en France dans les années 1780 : moment d’un exceptionnalisme ou exceptionnalisme d’un moment ?

11h00 : Pause café

11h20 : Maya Kandel (Paris 3) : Exceptionnalisme et politique étrangère : perspectives historiques
11h40 : Mario Del Pero (Sciences Po) : L'exceptionnalisme anti-exceptionnaliste du discours de politique étrangère de Barack Obama

12h30 : déjeuner

LE RETOUR DES JEUX DE PUISSANCE ? ETATS-UNIS-RUSSIE-IRAN

Présidence de séance : Pierre Razoux (IRSEM)

14h00 : Frédéric Heurtebize (Paris Nanterre) : Trump : fossoyeur ou héraut de l’exceptionnalisme américain ?
14h20 : Claudia Castiglioni (Milan) : Iran–US in the 1970s and today: A comparative analysis
14h40 : Jean-Robert Raviot (Paris Nanterre) : Existe-t-il un « lobby pro-américain » dans la Russie de Poutine ?

15h30 : Pause café

15h50 : Maud Quessard (IRSEM) : Le soft power américain à l’heure de la Maison Divisée
16h10 : Maxime Audinet (Paris Nanterre) : Les instruments du soft power russe

17h00 : fin des débats





Mis à jour le 18 octobre 2017