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Colloque international "Interactions"

Publié le 24 février 2026 Mis à jour le 24 février 2026

Trois unités de recherche – Études romanes (CRIIA-REDES), CRPM (Centre de Recherches Pluridisciplinaires Multilingues) et CREA (Centre de Recherches Anglophones) – du Département de LEA (Langues étrangères appliquées) de l’Université Paris Nanterre proposent une thématique transversale pour leur première rencontre internationale : Interactions : agir et réagir en contexte d’interculturalité et d’interdisciplinarité. Ces mouvements – l’agir et le réagir – ont été largement étudiés dans diverses disciplines, telles que la sociologie, les études culturelles, la linguistique ou encore la didactique.

Date(s)

du 3 décembre 2026 au 4 décembre 2026

Colloque international

Interactions : agir et réagir en contexte d’interculturalité et d’interdisciplinarité

Des membres issus de différents axes de trois unités de recherche – Études romanes (CRIIA-REDES), CRPM (Centre de Recherches Pluridisciplinaires Multilingues) et CREA (Centre de Recherches Anglophones) – du Département de LEA (Langues étrangères appliquées) de l’Université Paris Nanterre proposent une thématique transversale pour leur première rencontre internationale : Interactions : agir et réagir en contexte d’interculturalité et d’interdisciplinarité. Ces mouvements – l’agir et le réagir – ont été largement étudiés dans diverses disciplines, telles que la sociologie, les études culturelles, la linguistique ou encore la didactique.

En linguistique, les approches pragmatiques (parmi d’autres : Austin 1976, Searle 1972, Grice 1989, Ducrot 1993, Escandell Vidal et al. 2021) et énonciatives (Bally 1951, Benveniste 1976, Culioli 1991, 1999, Kerbrat-Orecchioni 1980, 1984, 1990, entre autres) mettent en lumière la multiplicité des échanges où agir et réagir se croisent et s’entrelacent. Cette interaction peut parfois s’inscrire dans l’harmonie, les deux actants parvenant à une symbiose complète. Mais elle peut aussi être perturbée par des éléments contextuels et situationnels – sujets, objectifs, intérêts, attitudes, messages –, entraînant des oppositions entre agir et réagir.

En études culturelles et en sociolinguistique, Hall (1976) a montré que la culture ne se réduit pas à des pratiques visibles : elle structure en profondeur nos modes de perception et de communication (rapport au temps, à l’espace, au contexte). Hofstede (1991) a identifié des dimensions culturelles influençant les comportements organisationnels et professionnels (rapport à la hiérarchie, gestion de l’incertitude, individualisme/collectivisme, etc.). Foucault (1984), à travers sa réflexion sur les hétérotopies, a quant à lui permis de concevoir les espaces d’interaction comme des « lieux autres », où les normes de l’agir et du réagir obéissent à différentes logiques sociales et culturelles.

Selon E. Goffman, pionnier dans l’analyse des interactions sociolinguistiques :
Par interaction (c’est-à-dire l’interaction en face à face), on entend à peu près l’influence réciproque que les participants exercent sur leurs actions respectives lorsqu’ils sont en présence physique immédiate les uns des autres ; par une interaction, on entend l’ensemble de l’interaction qui se produit en une occasion quelconque quand les membres d’un ensemble donné se trouvent en présence continue les uns des autres ; le terme « rencontre » pouvant aussi convenir. (Goffman 1973, vol. 1 : 23)

C’est avec cette définition que nous souhaitons orienter la réflexion sur l’agir et réagir en contexte d’interculturalité et d’interdisciplinarité. En ce sens, l’objectif de ce colloque sera d’interroger les différents aspects de l’interaction autour de trois axes : (socio-)culturel, linguistique et didactique. Il s’adresse aux enseignants, aux chercheurs et aux praticiens de langues souhaitant approfondir la problématique de l’interaction. Cet événement scientifique aura lieu à l’Université Paris Nanterre les 3 et 4 décembre 2026.

À titre indicatif, quelques pistes de réflexion sont proposées, sans caractère exhaustif.

1. L’interaction (socio-)culturelle
Les recherches sur l’interaction socio-culturelle en milieux professionnel et organisationnel sont nombreuses et diversifiées. Cet axe s’intéresse à l’interculturalité, aux pratiques sociales, aux rituels et aux traditions qui montrent que les interactions dépassent le simple échange d’informations : elles constituent des marqueurs de normes et de conventions. Les moments de convivialité (repas, fêtes), les rituels de salutation, la proxémie ou encore la chronémie influencent directement la perception d’une interaction professionnelle « réussie », qu’il s’agisse d’une négociation, d’une prise de parole, d’une réunion de service ou d’une collaboration sur un projet.

Dans quelle mesure les différences interculturelles représentent-elles des leviers de rapprochement ou, au contraire, des sources de conflit ? Peut-on identifier, à travers l’analyse de la dynamique agir/réagir, des sources de malentendus (culture dominante, implicites partagés, lingua franca, hiérarchies formelle et informelle) ? De la même manière, peut-on repérer dans les interactions professionnelles les éléments culturels qui favorisent l’entente, la médiation ou la conciliation ?

Cet axe invite ainsi à explorer les pratiques et stratégies interculturelles et interactionnelles au sein des organisations. Qu’il s’agisse de négociation, de management interculturel ou de collaboration en présentiel comme en distanciel, l’analyse des interactions socio-culturelles en milieu professionnel constitue un observatoire privilégié des enjeux liés à la communication interculturelle efficace.

2. L’interaction en linguistique
Dans le discours écrit comme oral, l’analyse des énoncés dans divers contextes sociaux et disciplinaires a toujours suscité un intérêt scientifique (étude des marqueurs discursifs, des formules de salutation, des actes de langage, etc.). Mais qu’en est-il lorsque ces phénomènes s’inscrivent dans le contexte professionnel (entretien d’embauche, réunion de travail, présentation d’entreprise à des partenaires, etc.) ? Qu’il s’agisse de langue maternelle ou de langue étrangère, la dynamique de l’agir et du réagir met en évidence le rôle central des éléments suprasegmentaux (prosodie, accentuation, rythme, etc.) dans la réussite ou l’échec de l’échange. Ces dimensions ouvrent des pistes thématiques à explorer. Qu’en est-il également de la traduction dans ce processus d’agir/réagir ? Les difficultés sont-elles accrues lorsqu’il s’agit de transposer ces mouvements dans la langue cible ? Où se situent les obstacles principaux : au niveau du lexique, de la syntaxe, des éléments suprasegmentaux ? Autant de questions qui méritent d’être analysées dans une perspective interactionnelle.

3. L’interaction en didactique
Depuis les années 1980, l’approche communicative a mis en avant que l’objectif de l’apprentissage linguistique serait de savoir communiquer (Puren 1996). L’approche actionnelle, promue par le CECRL (2001), a prolongé cette dynamique en plaçant l’apprenant comme acteur de son apprentissage, capable d’agir dans la société grâce à ses compétences linguistiques. Dans ce cadre, la question de l’agir et du réagir de l’apprenant et de l’enseignant, notamment dans les formations professionnalisantes telles que la filière LEA, occupe une place centrale. Quels contenus, quelles activités et quelles méthodologies favorisent un véritable échange entre enseignant et étudiant ? Comment ces dynamiques se déploient-elles dans l’enseignement numérique, et dans quelle mesure l’évaluation reflète-t-elle la qualité de ces interactions ?

L’interaction, comprise comme activité sociale, cognitive et professionnelle, constitue aujourd’hui un levier essentiel de formation, de médiation et de construction des savoirs en contexte multilingue et pluriculturel. Cet axe invite à interroger les formes qu’elle prend dans l’enseignement et l’apprentissage des langues et des cultures. Les propositions pourront porter sur les pratiques plurilingues, les effets des technologies de communication, la formation à l’interaction interculturelle (entre pairs ou avec les enseignants), ainsi que sur les dynamiques pédagogiques et professionnelles en milieux institutionnels multilingues. L’interaction, conçue comme espace d’agir et de réagir en situation, offre ainsi un observatoire privilégié pour analyser les enjeux contemporains de la communication et de la médiation interculturelle.

Instructions pour la soumission des propositions de communication
Les propositions devront être inédites et présentées dans l’une des trois langues du colloque : français, anglais ou espagnol, et à déposer dans le formulaire de la rubrique "Soumissions" du site du colloque:
 
Lien vers le formulaire ---> Site du colloque INTERACTIONS
 
Un résumé de 500 mots maximum, rédigé dans l’une de ces langues et transmis dans le délai indiqué, sera exigé. Les propositions envoyées après la date limite ne pourront pas être acceptées.

Les communications retenues seront appelées à donner lieu à une publication sous forme d’articles ou de chapitres dans un ouvrage collectif. La sélection se fera à l’aveugle, sur évaluation par deux experts.

Références bibliographiques
Austin, J.L. (1976 [1955]). How to do things with words. Oxford : Oxford University Press.
Bally, Ch. (1951). Traité de stylistique française. Genève/Paris : Librairie Georg et Cie – C. Klincksieck, vol. 1.
Benveniste, É. (1976). Problèmes de linguistique générale. Paris : Gallimard.
Conseil de l’Europe (2001). Cadre européen commun de référence pour les langues. Paris : Didier.
Culioli, A. (1991, 1999). Pour une linguistique de l’énonciation. Paris : Ophrys, 3 vol.
Ducrot, O. (1993). Dire et ne pas dire. Principes de sémantique linguistique. Paris : Hermann.
Escandell Vidal, V. et al. (2021). Pragmática. Madrid : Akal.
Foucault, M. (1967). « Des espaces autres (Hétérotopies) », in Dits et Écrits, Tome IV, texte n°360. Paris : Gallimard.
Goffman, E. (1973). La mise en scène de la vie quotidienne. La présentation de soi. Paris : Les Éditions de Minuit, vol. 1.
Goffman, E. (1974). Les rites d’interaction. Paris : Les Éditions de Minuit.
Grice, P. (1989). Studies in the Way of Words. Cambridge, MA : Harvard University Press.
Hall, E.T. (1979). Au-delà de la culture. Paris : Seuil.
Hofstede, G. (1980). Les conséquences de la culture : différences internationales dans les valeurs liées au travail. Beverly Hills, CA : Sage Publications.
Kerbrat-Orecchioni, C. (1980). L’Énonciation. De la subjectivité dans le langage. Paris : Armand Colin.
Kerbrat-Orecchioni, C. (1984). « Les négociations conversationnelles », Verbum, vol. VII. Nancy : Presses universitaires de Nancy, 223-243.
Kerbrat-Orecchioni, C. (1990, 1992, 1994). Les interactions verbales, vol. 1, 2 et 3. Paris : Armand Colin.
Puren, Ch. (1999). Histoire des méthodologies de l’enseignement des langues. Paris : Nathan / Clé International.
Searle, J. (1972). Les actes de langage : essai de philosophie du langage. Paris : Hermann.
Vion, R. (1992). La communication verbale. Analyse des interactions. Paris : Hachette.

Les propositions doivent être inédites et présentées dans l’une des trois langues du colloque : français, anglais ou espagnol, et accompagnées d’un résumé de 500 mots maximum.
Résumé de la proposition (500 mots maximum)
– le contexte et la problématique de l’étude
– le cadre théorique et la méthodologie mobilisés
– les objectifs de la recherche
– les résultats attendus ou obtenus
– les principales références bibliographiques
Merci de remplir le formulaire ci-dessus.
La sélection est à l’aveugle, sur évaluation par deux experts.

Mis à jour le 24 février 2026