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Séminaire OAB - Le républicanisme dans les Iles britanniques aujourd'hui

Publié le 13 janvier 2026 Mis à jour le 15 janvier 2026

Séance organisée en partenariat avec le séminaire Construction des idéologies/IDEA Université de Lorraine

Date(s)

le 26 février 2026

17h-19h
Lieu(x)

Bâtiment Max Weber (W)

Salle de séminaire 2 et en visioconférence


 
Marie-Violaine LOUVET (Université Toulouse 2 Jean Jaurès): “Words are not enough” : L’activisme parlementaire du parti républicain Sinn Féin sur la question palestinienne dans les débats sur les Occupied Territories Bill (2018) et War Bonds Bill (2024)

Depuis ses premiers engagements parlementaires au Dáil dans les années 1980 puis de manière plus structurée institutionnellement à partir des années 1990, le Sinn Féin a développé un activisme parlementaire soutenu en faveur de la cause palestinienne, visant à traduire en législation sa tradition républicaine de solidarité avec les peuples identifiés comme étant victimes de la colonisation. Récemment, cette mobilisation s’est cristallisée autour de l’Occupied Territories Bill (2018), visant à interdire l’importation et la vente de biens et services issus des colonies israéliennes illégales au regard du droit international, et prolongée par le War Bonds Bill (2024), qui cherchait à restreindre la commercialisation en Irlande de titres de dette israéliens finançant des opérations militaires. L’activisme autour des projets de loi de 2018 et 2024 met au jour une tension latente : le parti cherche à maintenir la continuité d’un engagement historique tout en s’insérant dans les contraintes et opportunités du cadre législatif irlandais et européen. Cette communication s’intéressera aux stratégies parlementaires, discursives et symboliques employées par le Sinn Féin pour articuler engagement moral, héritage républicain et action législative, questionnant la capacité du parti à faire du Dáil un vecteur de solidarité transnationale.

Dorothy-Alicia MORNINGTON (Strasbourg administrative tribunal): Republican questions, monarchical answers: the British paradox after Brexit

Brexit, the prorogation crisis and the end of Elizabeth II’s reign have unsettled long-standing certainties about the UK’s political order, allowing republican questions to surface with a clarity not seen in recent decades, particularly among younger citizens. Yet these doubts have generated no political momentum. Party elites continue to frame constitutional stability through monarchical continuity, redirecting discontent while avoiding head-of-state debate.
This paper examines why republican concerns have intensified while institutional responses have remained static. It argues that this reflects a pattern of managed constitutional ambivalence, in which scepticism is permitted to surface but denied procedural expression. The analysis considers how this divergence between civic attitudes and political restraint is shaping the UK’s evolving constitutional order.

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Biographies

Marie-Violaine Louvet
est Maîtresse de conférences HDR à l'Université Toulouse Jean-Jaurès. Elle est normalienne de l’ENS Cachan (2005-2009) et agrégée d'anglais (2008). Elle travaille sur les mobilisations de la société civile irlandaise (République d’Irlande/Irlande du Nord) au XXe et XXI siècles, les mouvements transnationaux de solidarité et les identités et histoires nationales, les mouvements anti-guerres, la politique étrangère (Irlande/ Moyen Orient notamment), le nationalisme et les études postcoloniales. Elle travaille également sur le militantisme politique. Son habilitation à Diriger les Recherches (2024) soutenue à l'Université Toulouse Jean Jaurès s'intitulait « Identité Postcoloniale et Activisme Transnational : les trajectoires d'un engagement irlandais face aux conflits internationaux (XXe & XXIe siècles) ».

Alicia-Dorothy Mornington est ancienne élève de l’École nationale d’administration (Institut national du service public), et actuellement magistrate administrative. Elle est également agrégée d’anglais, docteure en science politique (Sciences Po Paris) et ancienne maîtresse de conférences en études anglophones à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et en science politique à Sciences-Po Paris. Ses recherches portent sur le libéralisme, notamment sur concept de consentement, objet de sa thèse où elle analyse sa place dans la théorie libérale et libertarienne et sa portée juridique. Cette recherche a pour but d’analyser la tension croissante entre neutralité étatique et paternalisme, avec d’une part le retour à une normativité étatique paternaliste ou perfectionniste (bioéthique, « nudge », évolutions du droit de la famille) et de l’autre un mouvement prônant a contrario la réduction de la sphère légitime d’intervention étatique ou supra-étatique (courant et parti libertariens, évolution du droit du travail, populisme etc).

Mis à jour le 15 janvier 2026