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Séminaire OAB Stéphanie Prévost - Questions d'Orient au Royaume-Uni
Publié le 11 septembre 2026
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Mis à jour le 11 septembre 2026
Les Questions d’Orient au Royaume-Uni, fin XIX-début XX siècle. Stéphanie Prévost - Université Paris Cité, Echelles (UMR 8264) - Institut Universitaire de France
Date(s)
le 27 janvier 2027
de 17 à 19h
Lieu(x)
Salle de séminaire 2 du Bâtiment Max Weber (Université Paris Nanterre) et en visioconférence : le lien de connexion sera disponible 10 jours avant le séminaire.
Séance organisée par Laurence Dubois
Discutant.e.s : Anouche Der Sarkissian (Université Paris Nanterre/Université Sorbonne Nouvelle) & Thierry Labica (Université Paris Nanterre)
Quand la politique étrangère fait se mobiliser: les Questions d’Orient au Royaume-Uni, fin XIX-début XX siècle
Depuis une dizaine d’années, les mobilisations du passé au Royaume-Uni ont donné lieu à un intérêt historiographique renouvelé. Outre le récent sujet d’agrégation interrogeant les mouvements protestataires, contestations politiques et luttes sociales en Grande-Bretagne sur le long dix-neuvième siècle, deux projets d’envergure ont également investigué la démarche pétitionnaire dans les îles britanniques comme forme d’expression du tout un chacun et en montraient leur protéiformité. Prenant pour point de départ l’observation d’Henry Miller dans A Nation of Petitioners: Petitions and Petitioning in the United Kingdom, 1789-1918 (2023, p. 69) selon laquelle la politique étrangère et impériale britannique était sous-représentée dans l’ensemble des pétitions enregistrées par le Parlement britannique entre 1833 et 1918 (2,1%), cette présentation pose la question de la mobilisation nourrie et durable de l’intelligentsia britannique, mais aussi des citoyens plus ordinaires au regard des « Questions d’Orient », un sujet cardinal pour la politique étrangère et impériale britannique entre les années 1870 et la fin de la Première guerre mondiale. En ébranlant la doxa qui a longtemps voulu que l’émoi des Britanniques face à la répression brutale par l’armée ottomane d’un soulèvement des chrétiens bulgares entre 1876 et 1878 était une exception, cette présentation insiste sur les conséquences profondes pour la culture politique britannique d’une mobilisation sur plusieurs décennies. On argumentera que la légitimation de la vox populi appelée par les dirigeants politiques dans les années 1870 sur le domaine jusqu’alors réservé de la diplomatie, permit non seulement de structurer une politique partisane polarisée concernant le devoir du Royaume-Uni sur la scène européenne et internationale par le biais de campagnes d’opinion et d’influence, mais contribua surtout à une démocratie citoyenne participative riche qui échappa très largement aux dirigeants des partis. Tout en gardant à l’esprit les parallèles avec les mécanismes contemporains d'influence, de communication et de mobilisation dans un monde où la démocratie est souvent mise à l’épreuve, on insistera particulièrement sur le rôle fondateur de l’engagement moral et pratique de la société civile britannique dans des projets humanitaires, en réponse aux massacres des Arméniens ottomans dans les années 1890, 1900 et 1910, pour l’articulation de l’internationalisme libéral, la naissance d’un sentiment de société civile mondiale, et l’idée d’une « société des nations ».
Stéphanie Prévost est maîtresse de conférences à l'Université Paris Cité et membre de l'Institut universitaire de France
Discutant.e.s : Anouche Der Sarkissian (Université Paris Nanterre/Université Sorbonne Nouvelle) & Thierry Labica (Université Paris Nanterre)
Quand la politique étrangère fait se mobiliser: les Questions d’Orient au Royaume-Uni, fin XIX-début XX siècle
Depuis une dizaine d’années, les mobilisations du passé au Royaume-Uni ont donné lieu à un intérêt historiographique renouvelé. Outre le récent sujet d’agrégation interrogeant les mouvements protestataires, contestations politiques et luttes sociales en Grande-Bretagne sur le long dix-neuvième siècle, deux projets d’envergure ont également investigué la démarche pétitionnaire dans les îles britanniques comme forme d’expression du tout un chacun et en montraient leur protéiformité. Prenant pour point de départ l’observation d’Henry Miller dans A Nation of Petitioners: Petitions and Petitioning in the United Kingdom, 1789-1918 (2023, p. 69) selon laquelle la politique étrangère et impériale britannique était sous-représentée dans l’ensemble des pétitions enregistrées par le Parlement britannique entre 1833 et 1918 (2,1%), cette présentation pose la question de la mobilisation nourrie et durable de l’intelligentsia britannique, mais aussi des citoyens plus ordinaires au regard des « Questions d’Orient », un sujet cardinal pour la politique étrangère et impériale britannique entre les années 1870 et la fin de la Première guerre mondiale. En ébranlant la doxa qui a longtemps voulu que l’émoi des Britanniques face à la répression brutale par l’armée ottomane d’un soulèvement des chrétiens bulgares entre 1876 et 1878 était une exception, cette présentation insiste sur les conséquences profondes pour la culture politique britannique d’une mobilisation sur plusieurs décennies. On argumentera que la légitimation de la vox populi appelée par les dirigeants politiques dans les années 1870 sur le domaine jusqu’alors réservé de la diplomatie, permit non seulement de structurer une politique partisane polarisée concernant le devoir du Royaume-Uni sur la scène européenne et internationale par le biais de campagnes d’opinion et d’influence, mais contribua surtout à une démocratie citoyenne participative riche qui échappa très largement aux dirigeants des partis. Tout en gardant à l’esprit les parallèles avec les mécanismes contemporains d'influence, de communication et de mobilisation dans un monde où la démocratie est souvent mise à l’épreuve, on insistera particulièrement sur le rôle fondateur de l’engagement moral et pratique de la société civile britannique dans des projets humanitaires, en réponse aux massacres des Arméniens ottomans dans les années 1890, 1900 et 1910, pour l’articulation de l’internationalisme libéral, la naissance d’un sentiment de société civile mondiale, et l’idée d’une « société des nations ».
Stéphanie Prévost est maîtresse de conférences à l'Université Paris Cité et membre de l'Institut universitaire de France
Mis à jour le 11 septembre 2026
Contact :
Laurence Dubois : ldubois@parisnanterre.fr