Projet Les Nords

Projet transversal du CREA 2018
« Les Nords »

Responsables : Hugo Chatellier & Cécile Viollain

À travers ce projet transversal, les membres du CREA se proposent d’interroger les dynamiques nord-sud en étudiant les rapports qu’entretiennent ces deux pôles dans différentes aires géographiques du monde anglophone avec des enjeux historiques, linguistiques, culturels, identitaires, artistiques et littéraires variés.

Ce projet se fonde sur le constat sociophonologique établi par les deux instigateurs du projet : malgré les phénomènes de nivellement (perte des différences entre accents) et de standardisation qui sont à l’œuvre dans de nombreuses sociétés occidentales, notamment en contexte urbain, certaines identités linguistiques locales résistent. Dans le contexte spécifique de l’Angleterre, les variétés du nord opposent un modèle différent de celui du sud de l’Angleterre, et en particulier de Londres. Aux Etats-Unis, il y a également une polarisation des accents entre le Nord, caractérisé par le Northern Cities Shift et donc des voyelles différentes, le nord-est non-rhotique (où les <r> en fin de syllabe ne se prononcent pas contrairement à ce qui se passe sur la très grande majorité du territoire) avec Boston et New York comme figures de proue, et les états sudistes (Texas, Louisiane, Mississippi, Géorgie etc.) caractérisés par le Southern Shift et donc des voyelles encore différentes et une rhoticité variable mais bien distincte de la non-rhoticité des variétés du nord-est. Enfin, en Nouvelle-Zélande, pour prendre un dernier exemple, qui est un territoire divisé entre une île du nord et une île du sud, le nord représente la norme de prononciation tandis que l’extrême sud, colonisé principalement par des colons écossais, revendique une identité distincte, à commencer par sa rhoticité.

Plus largement, les variétés de l’hémisphère nord et les variétés de l’hémisphère sud, comme l’anglais néo-zélandais, australien et sud-africain notamment, sont très régulièrement opposées, à commencer dans leur développement historique puisque dans ces dernières l’anglais s’est implanté et développé beaucoup plus récemment, soit au XIXe siècle, contrairement à ce qui s’est passé pour le nord de l’Angleterre, l’Ecosse et l’Amérique du Nord.

Sur la base de ce constat, les membres du CREA travailleront ensemble à la mise au jour des facteurs historiques, sociaux et culturels à l’origine de ces différentes identités de nords et de suds en partageant leurs compétences, que ce soit dans l’analyse des caractéristiques linguistiques des variétés d’anglais parlées dans ces différentes aires géographiques, dans la représentation qui est faite des locuteurs des nords et des suds dans les ouvrages, les séries, les films ou toutes autres productions culturelles et artistiques, ainsi que dans l’analyse des fractures nord-sud liées à des décisions politiques et à des événements historiques et sociaux variés.

Les membres du CREA travailleront donc, grâce à cette large question, en équipes de spécialités (linguistique, histoire et cultures, arts et littérature) mais également de manière transversale par aires géographiques (Angleterre, Ecosse, Irlande, Amérique du Nord, Asie, Afrique, Hémisphère sud, Océanie) pour étudier l’origine des fractures nord-sud ou les identités locales de manière multidimensionnelle.

Qui plus est, ces collaborations pourront donner lieu à la création de cours transversaux, pensés entre spécialistes de différents domaines (linguistique, littérature et civilisation) sur des supports communs permettant aux étudiants d’être sensibilisés à ces nords et à ces suds anglophones, dans un souci de cohérence dans la découverte qui est proposée aux étudiants de l’histoire et de l’évolution du monde anglophone dans l’ensemble de ses aspects socioculturels.




Mis à jour le 22 mars 2018